Le Bois Claireau mêle art et nature sauvage

Jardins cachés du Vieux Mans. En attendant l’édition 2021 d’Entre cours et jardins, annulée cette année en raison de la crise sanitaire, Ouest-France vous ouvre les portes de petits paradis privés.

Un ancien hôtel particulier, « dans son jus » depuis les années 1950. C’est ce que découvrent Annick Rainjonneau et son compagnon, il y a huit ans, rue Lionel-Royer au Mans. « À l’exception d’un logement où vivait une dame de 94 ans, tout était vide, inoccupé depuis des dizaines d’années, se souvient Annick. Pourtant, nous avons eu un coup de cœur. Il y avait un charme, une résonance, une âme. »
L’ensemble a été construit par le comte de Bois Claireau, officier au régiment du roi, qui possède alors un château dans le nord-Sarthe. Il occupera son pied-à-terre manceau jusqu’en 1854, date à laquelle l’hôtel particulier entre en possession du clergé. Il est récupéré par la municipalité en 1905, après la séparation de l’Église et de l’État. Ses derniers, occupants, dans les années 50 : des
architectes des Bâtiments de France, logés par la Ville.

Autruche de métal
Pour conserver le cachet de la bâtisse, Annick garde et restaure tout ce qui peut l’être. L’ancienne styliste, pour de grands noms tels que Christian Lacroix, y ajoute des éléments  contemporains qu’elle a elle-même dessinés, comme cet escalier de chêne, monumental et aérien. Avec sa vue inédite sur la cathédrale, le jardin est à l’image de la maison. « Nous avons voulu respecter ce
microcosme, resté sauvage si longtemps. Il a son propre écosystème : des mésanges, des écureuils, et même un couple de geais. »
Sur ces presque mille mètres carrés, « pousse ce qui veut bien pousser ».
Entre les plantes aromatiques et les nénuphars d’un bassin à poissons rouges, Annick cultive aussi son goût pour l’art contemporain. En témoigne une autruche de métal dont les ailes roses sont deux portières de voiture. Plus loin, un assemblage de tubes en inox fichés en terre. Ou encore des tasseaux multicolores enchevêtrés, sortis des ateliers d’art-thérapie qu’anime Annick dans les entreprises, pour accompagner des retours à la vie professionnelle après une longue maladie ou un « burn-out ».

« Zone de bzzz »
C’est cet univers très personnel que la Mancelle ouvre au public dès qu’une occasion se présente. L’édition 2020  d’Entre cours et jardins est annulée en raison de la crise sanitaire ? Qu’à
cela ne tienne, Annick accueille une présentation de la prochaine saison culturelle des Quinconces, une exposition, un concert de Dame de Caro.
« On soutient les artistes comme on peut ! »
Au fond du jardin, où le regard balaye l’horizon au-delà des limites de la ville, une pente douce est recouverte d’une végétation dense et d’arbres fruitiers. « C’est ce qu’on appelle une « zone de bzzz », pour les insectes pollinisateurs ». On y trouve aussi trois poules apprivoisées. « Notre jardin, c’est un lieu pour se détendre et se retrouver, avec les six enfants de notre famille recomposée. L’ouvrir aux autres, c’est pour nous l’occasion de faire des rencontres et de partager nos valeurs. »


Julien BELAUD

 

Article du 2 aout 2020 – ouest france

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